Mot de bienvenue

Eh oui ! Encore un énième blog parlant politique !

Après des mois et des mois de réflexions, je me jette enfin à l’eau (glacé du lac !) en vous proposant un blog abordant la politique suisse en général, mais pas seulement.

Des votations à venir (et croyez-moi, il y a bien des choses à dire), en passant les Institutions qui cimentent le fonctionnement de cette démocratie si particulière, ce blog vous présentera des articles d’humeur, ainsi que des réflexions très détaillé sur des sujets donnés.

Je ferais de mon mieux pour alimenter aussi souvent que possible, avec la rareté de temps que m’offre mon travail à plein temps ! (j’ai voulu me la jouer Monsieur Berset, pas facile xD)

Au plaisir de partager et d’échanger avec vous, lecteurs, à travers les commentaires !

Comment mieux vivre à la retraite ?

Le 28 mai dernier, une initiative populaire a pu rassembler 137’550 signatures et les ont remises à la Chancellerie Fédérale. Leur demande est simple : une rente supplémentaire pour les retraités dont beaucoup peinent à joindre les deux bouts. Perçu comme la pierre angulaire de la sécurité sociale, le système AVS déchaine les passions plus que jamais sur la scène politique suisse. Petit décryptage sur le plus grand lien intergénérationnel de cette société.

Depuis ses premiers versements en 1948, l’AVS (Assurance vieillesse et survivant) a connu une dizaine de réformes acceptés par le peuple, des réajustements permettant aux bénéficiaires de vivre convenablement dans une société toujours en mouvements et dont le niveau de vie ne cesse de croître dans le pays. Si la société continue son éternelle mutation, les refus successifs du peuple face aux réformes de 2004 et 2017 posent problèmes et ne permettent pas au système de retraite d’épouser les besoins de la population après leur période de carrière et une fois l’âge de la retraite arrivée. Face à ce nouveau bricolage sur un infrastructure des plus vétustes, quels sont les ingrédients nécessaires à une réforme qui satisferaient la population ?

 L’Age de la retraite : un vrai débat ?

Si les 65 ans de l’âge de la retraite pour les hommes n’ont pas bougé depuis son entrée en vigueur, celle des femmes fait encore couler beaucoup d’encre. D’abord aussi fixée à 65 ans, elle est abaissée à 63 ans, puis à 62 ans, pour ensuite remonter à 64 ans… pour prochainement revenir à 65 ans. Cette passion autour des femmes et de leur implication soulève un autre problème, une faille ce système de retraite pour tous.

Cet âge de la retraite fixé n’est pas le fruit du hasard : en effet, 65 ans correspondaient, en 1948, à… quasi l’espérance de vie d’un homme suisse ! Vous l’avez bien compris : la retraite était à l’origine une rente pour les dernières vies d’un citoyen. Pour moins de 5 ans, en sommes, voire davantage pour ceux qui ont la veine de vivre plus longtemps alors. Mais à cette époque encore, rare étaient ceux qui atteignaient l’âge canonique de 80 ans.

Une rareté qui est devenu monnaie courante face à une catégorie de la population vivant toujours plus sur une rente qui aurait dû leur servir que leurs 3 dernières années. Une rente qu’une bonne partie de la population vit sur plus de 20 ans, voire 30 ans, soit plus d’un tiers de leur vie ! Comment ne pas constater que les conditions posées lors de sa mise en vigueur ne soient pas devenues caduques ?

Et les femmes dans tout ça ? Vous le doutez bien, elles ne sont pas prises en considération ! Et c’est bien le gros défaut de cet AVS : l’oubli des femmes. Pour leur défense, rare étaient les femmes à travailler, vu que l’homme s’occupait de ramener le pognon à la maison, quitte à se retrouver loin de sa famille durant des semaines entières ? Est-ce toujours le cas de nos jours, en juin 2021 ? Le simple fait de poser la question, mais aussi d’y répondre, démontre toute la problématique de ce système AVS vétuste et dont le redressement ou non de l’âge de la retraite des femmes n’est que de la poudre aux yeux ? Comment peut-on se permettre de parler d’un détail, si ce n’est pour éviter de parler du problème de fond : non… le système AVS actuel n’est pas fait pour les carrières féminines dont trop nombreuses de femmes sont face à un dilemme qui ne devrait plus y avoir court en notre période, mais dont le système actuel d’AVS nécessite de devoir la poser : une carrière ou des enfants ? Une question qui ne sera jamais posé à un homme, pour la raison suivante : on n’attend pas d’un homme de pouponner, mais de ramener de l’argent à la maison en bossant sans interruption pour ne pas « prétériter » leur rente à venir !

Vous trouvez ces rôles homme/femme dépassé et plus du tout en vigueur de notre époque ? C’est pourtant ce qu’attend ce système AVS pour permettre une cotisation optimale pour les rentes à venir (évidemment, vu que c’est le travail qui est « taxé » pour le financement). A mon sens, la question sur l’âge la retraite n’est qu’un homme de paille, car elle écarte le fond du problème autour de cette AVS et de la rente.

La 13ème rente : quid du financement ?

Vouloir ou non une 13ème rente n’est pas la réelle question à se poser sur la votation à venir. Dans l’état des choses, cela serait stupide de ne pas souhaiter une vie plus décente ceux dont leur rentre ne constitue que leur seule source de revenu, face à cet îlot de cherté qu’est la Suisse. Mais qui pour passer encore à la caisse ?

On ne va pas se mentir : ce sont les jeunes actifs ! Tous ceux qui cotisent en ce moment vont sentir passer ce « cadeau gratuit » à la vieille génération. Quid du contrat intergénérationnel, alors ? Je ne vais rien vous apprendre si je vous dis ce que ce contrat a été rompu par cette même génération qui touche en ce moment les rentes AVS : les papys-boomer. Alors que cette génération a été louée par le début de ce système AVS, les experts de l’époque n’ont pas prévu que cette génération :

  • Vivent plus longtemps que leur parents (plus de 20 ans qu’eux) ;
  • Touchent des rentes bien plus élevés que leurs parents (pour rappel, la rente en 1948 était de CHF 40.00) ;
  • Ont fait moins d’enfants (le système AVS étant basé la pyramide de Ponzi, son financement est non seulement lié aux salaires, mais aussi au taux de natalité. Donc faire beaucoup d’enfants = assurer la pérennité de l’AVS).

Est-ce pour autant juste de mettre la faute sur cette génération ? Pas du tout en fait, et cette génération des baby-boomer illustre l’échec des attentes de ce système AVS vis-à-vis des besoins de la population. En raison des réformes qui ne sont en réalité rien que des bricolages sur un système déjà obsolète… des bricolages sur un système qu’on cherche tant bien que mal à limiter la casse.

A l’heure où certains rêvent d’un remplacement des systèmes actuels par le Revenu de Base Inconditionnel (qui aura le droit à un article sur le blog), ne faudrait-il pas des débats plus ambitieux, et voir plus loin qu’un simple rehaussement de l’âge de la retraite ou le rajout d’une 13ème rente ? Que proposer pour que la flexibilité (travail à temps partiel) voulue par les femmes (et les hommes, une demande de plus en plus forte) souhaitant concilier vie de famille et travail soit enfin incluse dans le système de prévoyance ?

Est-ce que les gens et associations défendant la condition des retraités ne gagneraient pas à vouloir une réelle discussion sur les retraites et de la manière de les financer ? Après tout… sommes-nous tous pas concernés par la prévoyance ? Alors pourquoi vouloir garder à tout prix un système qui n’est plus en vigueur et plus adaptés aux besoin de notre société… depuis le début des années 50 ?